2,5 %. En 2019, une infime part des Français a réellement sauté le pas du changement de banque. Dix-sept pour cent ont pensé franchir le seuil, pourtant seuls 2,5 % l’ont concrètement fait. L’association UFC-Que Choisir dénonce ce décalage flagrant, accuse les banques traditionnelles de jouer la carte du statu quo et pointe la faible ouverture vers les solutions en ligne qui pourraient rebattre les cartes du secteur.
Près de la moitié des mobilités bancaires n’aboutissent pas
Sur le papier, la mobilité bancaire devait simplifier la vie des clients : tout s’annonçait rapide, accessible, sans frais. L’idée est limpide : la nouvelle banque s’occupe de tout, virements automatiques compris. Dans les faits, on déchante vite. Si 17 % des clients envisagent de changer, ils restent une minorité à y parvenir. Quant à fermer définitivement l’ancien compte, près de 40 % des démarches n’aboutissent pas.
Beaucoup d’établissements traînent des pieds, enchaînent maladresses et justifications discutables, multipliant les incidents :
- Numéro de compte transmis avec erreur
- Mandat de mobilité signé… ou oublié en route
- Problèmes pour authentifier le titulaire du compte
À cette liste s’ajoutent des frais d’épargne complètement décourageants. Pour déplacer un plan d’épargne logement ou une assurance-vie, la facture grimpe vite. Résultat : bon nombre de clients se résignent à garder deux comptes, empêtrés par la complexité et le coût.
Remettre les banques en concurrence, un levier à ne pas négliger
Face à ces embûches, UFC-Que Choisir invite les consommateurs à ne pas renoncer. Mettre les établissements face à la concurrence, ce n’est pas du vent : les gains sur les frais bancaires sont concrets, parfois spectaculaires. Passer chez une banque en ligne, par exemple, change nettement la donne. Voici pourquoi de plus en plus de clients font ce choix :
- Carte bancaire incluse et sans frais la plupart du temps
- Frais de tenue de compte quasi nuls, voire inexistants
- Absence de commission pour les opérations à l’étranger
- Pas de frais supplémentaires en cas de rejet de paiement
- Service client réellement disponible, souvent du lundi au samedi matin
- Outils digitaux efficaces pour suivre et gérer son argent depuis une application ou un site bien conçus
Un autre point attire de nouveaux clients : ouvrir un compte dans une banque en ligne donne souvent droit à une prime de bienvenue, créditée aussitôt sur le compte. Un argument qui fait mouche, surtout quand chaque euro compte.
Faire le tri : comment choisir sa banque en ligne ?
Personne n’a les mêmes besoins. Le salarié frontalier, l’entrepreneur, le jeune actif ou le couple cherchant à mutualiser ses revenus : chacun doit évaluer les offres en fonction de sa situation. Prendre la peine de savoir quelle est la meilleure banque en ligne selon ses attentes s’impose avant de démarrer les formalités. Plusieurs aspects méritent d’être étudiés :
- Type de carte bancaire proposée (coût, utilisation à l’étranger, plafonds et choix du débit)
- Conditions du compte courant (ouverture, autorisation de découvert, politique tarifaire selon le profil)
- Réactivité et qualité du service client (accès à un interlocuteur dédié, amplitude horaire, délais de réponse)
- Services bancaires de base (dépôt de chèques, virements SEPA, gestion en ligne simplifiée)
- Propositions de crédits, même si ce n’est pas un besoin immédiat : diversité, taux, accessibilité
- Performance de l’application mobile : fiabilité, ergonomie, utilité au quotidien
Changer de banque reste une démarche qui peut inquiéter, mais l’expérience des utilisateurs montre que la dynamique des banques en ligne fait bouger les pratiques. À chacun de décider ce qu’il attend de sa relation bancaire. Finalement, la vraie question : combien de temps avant que changer de banque devienne aussi naturel que changer d’abonnement téléphonique ?

